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La périnatalité, parlons-en !

16 Fév

En 2025, le Bassin Sud a organisé un cycle de rencontres consacré à la périnatalité, rassemblant des professionnel·les issu·es des secteurs du social et de la santé, y compris santé mentale.

L’ambition était claire : créer des ponts entre métiers, renforcer le travail en réseau et améliorer, ensemble, l’accompagnement des personnes enceintes et des familles.

Ces rencontres se sont voulues ouvertes et accessibles à tous·tes les acteur·rices du social-santé, y compris celles et ceux qui n’interviennent pas exclusivement en périnatalité mais qui jouent un rôle clé dans les parcours de vie des familles.

 

Un espace pour se rencontrer… et faire réseau

 

Dès les premiers échanges, les participant·es ont exprimé des attentes largement partagées :

  • mieux connaître les ressources du territoire ;
  • créer des synergies concrètes entre services et entre secteurs ;
  • renforcer la qualité de l’orientation et de l’accompagnement ;
  • bénéficier de temps de réflexion collective autour des enjeux liés à la périnatalité ;

Autant de besoins qui confirment l’importance de disposer d’espaces réguliers d’interconnaissance, au-delà des logiques institutionnelles ou spécialisées.

 

Les 1000 premiers jours : soutenir les femmes enceintes vulnérables et leurs familles

 

Ces rencontres ont également été l’occasion de présenter ou de préciser certains aspects du programme des 1000 premiers jours, son déploiement à Bruxelles et les spécificités de son implémentation dans les différents bassins. Le Bassin Sud a également présenté certains de ses espaces, dispositifs et activités, contribuant à une meilleure compréhension des ressources locales. Il s’agit par exemple du Helpdesk, de la concertation thématique Santé mentale ou encore des portes ouvertes (Melting Papot).

 

🔎 Le programme périnatal Soins et accompagnement des femmes enceintes, des enfants et de la famille qui les entoure lors des premiers 1000 jours a pour objectif d’assurer aux femmes enceintes vulnérables un accès effectif aux soins et à un accompagnement intégré, continu et adapté aux besoins pendant les 1000 premiers jours.
Ce programme fait partie du Plan interfédéral pour des soins intégrés, co-financé par l’INAMI et les régions.

👉🏽 En savoir plus sur ce programme

 

Un constat partagé a émergé : de nombreuses structures ne sont pas encore suffisamment informées de l’existence ou du contenu du programme des 1000 premiers jours, soulignant l’importance de poursuivre les efforts de diffusion et de sensibilisation.

 

Une diversité de profils, une vraie richesse

 

La grande diversité des métiers et des approches a nourri des échanges et permis de poser un regard global sur les enjeux périnataux.

Certaines absences récurrentes ont néanmoins été relevées par les participant·es aux rencontres, notamment les médecins généralistes, gynécologues et hôpitaux. Leur participation amènerait d’autres regards et sans doute d’autres enjeux à travailler collectivement. Si vous nous lisez, rejoignez-nous, ou contactez l’équipe du Bassin Sud pour envisager d’autres modalités de participation.

 

Des ateliers pour passer du cadre aux pratiques

 

Les rencontres se sont articulées autour de deux ateliers :

  1. Comprendre et utiliser le programme des 1000 premiers jours. Cet atelier a permis :
      • de découvrir la plateforme Born in Belgium Professionals ;
      • d’en explorer l’utilisation concrète à partir d’un cas fictif ;
      • d’échanger autour de questions / réponses : rôle des acteur·rices sociaux, place des psychologues, coordination, charge administrative, soins intégrés, rôle des crèches, etc.

 

  1. Travailler en réseau et coordonner les parcours. La deuxième partie des rencontres avait pour fil rouge le réseau autour des 1000 premiers jours dans le Bassin Sud. Il a mis en évidence une vision partagée de la coordination comme :
      • un travail d’articulation relationnelle, organisationnelle et réflexive ;
      • une démarche collective centrée sur les besoins des personnes enceintes ;
      • une fonction nécessitant une posture d’écoute, de collaboration et d’ajustement continu ;
      • une capacité à anticiper, à penser les transitions et à maintenir une « vue hélicoptère » du parcours et du réseau.

 

Plusieurs pistes de travail prioritaires ont été dégagées, notamment :

      • le besoin d’activités pour les familles couvrant la période de la conception jusqu’aux 3 ans de l’enfant (avec un focus particulier sur les 0–1 an) ;
      • la volonté de lutter contre l’isolement des personnes enceintes et de leurs familles, via une approche préventive et collective ;
      • l’importance de mieux utiliser et articuler les outils existants (Bruxelles Social, Born in Brussels, Born in Belgium), tout en privilégiant des mises à jour et des partages réguliers plutôt que la création d’un nouveau répertoire ;
      • la nécessité de systématiser davantage les échanges d’informations entre professionnel·les.

 

Des leviers concrets ont été identifiés, tels que les Huis van het Kind, les dispositifs de Psybru, les répertoires des coordinations sociales locales, le site myone.be, ainsi que certains groupes informels (WhatsApp, réseaux sociaux).

 

Isolement, vulnérabilités et ressources du territoire

 

Les temps d’interconnaissance ont mis en lumière de nombreuses initiatives actives dans le Bassin Sud (Le Petit Vélo Jaune, Maison Jaune, Bru-stars, Crosslink, Psybru, Born in Brussels, etc.). Ces échanges ont souligné à la fois la richesse de l’offre existante et la difficulté, parfois, d’en assurer la lisibilité — tant pour les publics que pour les professionnel·les.

 

Un atelier participatif a permis d’identifier :

    • des vulnérabilités majeures, notamment les difficultés linguistiques et socio-économiques ;
    • des freins structurels, tels que la saturation des services, le manque de connaissance du réseau, une logique parfois hospitalo-centrée et une perte de suivi pour les acteurs de première ligne ;
    • des collaborations existantes positives avec les hôpitaux, les CPAS, les acteurs de la santé mentale, les associations de terrain, l’ONE, la Ligue des familles ou encore la Maison des Parents solo.

 

La dynamique de co-construction d’un répertoire périnatalité a été amorcée, dans une logique de partage évolutif et collectif des ressources.

 

Ce qu’il faut retenir

 

  • Une volonté forte et partagée de mieux connaître le réseau et de renforcer les liens entre acteur·rices du Bassin Sud ;
  • Une reconnaissance de la diversité des initiatives et des expertises présentes sur le territoire ;
  • Un besoin clair de clarification et de soutien autour de la fonction de coordination dans le cadre du programme des 1000 premiers jours ;
  • L’importance de poursuivre les efforts d’information, de mise en relation et de collaboration intersectorielle.

 

Et pour la suite ?

 

En 2026, 3 rencontres périnatalité sont prévues :

 

Les priorités identifiées pour ce cycle de 3 rencontres sont :

  • approfondir la mise en relation entre les acteurs social-santé ;
  • mieux comprendre les pratiques de chacun en pré et postnatal ;
  • renforcer l’information sur le programme périnatalité ;
  • poursuivre la réflexion collective sur l’amélioration de la détection, de l’orientation et de la collaboration sur le territoire ;
  • porter une attention particulière aux enfants de 0 à 1 an (activités) et aux parents en situation d’isolement.

 

Ces rencontres visent un accompagnement périnatal plus cohérent, intégré et accessible dans le Bassin Sud. Elles sont ouvertes à toutes et tous, sans engagement de participation aux 3 rencontres.