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La réforme du chômage, ses impacts et comment y répondre ?

10 Mar

Le jeudi 5 octobre s’est tenu l’Atelier du Changement du Bassin Sud, un moment clé de rencontre pour les professionnel·les du secteur social-santé des communes du Bassin Sud.
 
Cette rencontre avait pour objectif de permettre aux acteurs et actrices de terrain de se rencontrer, partager des informations et co-construire des actions en lien avec les missions du bassin : développer la connaissance, renforcer le réseau, soutenir la coordination et promouvoir la prévention et la promotion de la santé. La thématique centrale de cette rencontre était la réforme du chômage.
 
L’atelier s’est articulé autour de trois temps forts.
 

Présentation du plan d’action 2026

 
L’équipe du Bassin Sud a présenté les perspectives et priorités pour l’année 2026, ainsi que les principales initiatives à venir : rendez-vous de la prévention santé, campagnes de prévention en santé, concertations thématiques (santé mentale, prévention et promotion santé, liaison ambulatoire-hôpital), portes ouvertes, et bien d’autres activités destinées à renforcer les dynamiques locales.
 
Plus d’informations dans l’agenda.
 

Analyse des impacts de la limitation des allocations de chômage

 
L’atelier a également accueilli Marion Englert, de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (Vivalis), pour une intervention intitulée : « Limitation à deux ans des allocations de chômage : profils des personnes exclues et futurs statuts socio-économiques possibles ».
 
Après un rappel du contexte bruxellois – une population jeune, en croissance et très internationale, mais dont plus d’un quart vit sous le seuil de pauvreté – la présentation a mis en évidence le rôle central des déterminants sociaux de la santé et l’impact des inégalités sociales sur la santé des Bruxellois et Bruxelloises.
 
Selon les estimations de l’ONEM, 41 710 personnes à Bruxelles pourraient être exclues des allocations de chômage en 2026. Il s’agit majoritairement de personnes peu diplômées ou titulaires de diplômes étrangers non reconnus, pour lesquelles l’accès à l’emploi reste particulièrement difficile.
 
Les projections indiquent que :

  • 34 % pourraient accéder au Revenu d’Intégration Sociale,
  • 17 % retrouveraient un emploi,
  • 44 % risqueraient de se retrouver sans revenu.La répartition territoriale apparaît également très inégale. Certaines communes déjà confrontées à davantage de précarité seront proportionnellement plus touchées, avec des conséquences directes pour les CPAS. À titre d’exemple, environ 7 % de la population de 18 à 64 ans pourrait être concernée à Molenbeek-Saint-Jean, contre 3 % à Woluwe-Saint-Pierre.
     
    La présentation a également mis en lumière plusieurs enjeux majeurs :

    – les risques de non-recours aux droits et de marginalisation,
    – les impacts spécifiques sur les femmes cohabitantes, notamment en termes de dépendance financière,
    – une augmentation probable de la précarité, avec des effets en cascade sur la santé, l’endettement, l’accès aux soins ou encore la scolarité des enfants.
     
    Un grand merci à Marion Englert pour cette analyse éclairante.
     
    N.B à la lecture de la présentation de Marion Englert : l’exercice prospectif sur le devenir possible des exclus (nombre au CPAS, sans revenu connu, en invalidité et à l’emploi) a été réalisé par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles il y a un an, sur la base des informations disponibles à ce moment-là. Comme tout exercice prospectif, il comporte des limites : les chiffres doivent être interprétés avec prudence et considérés comme des ordres de grandeur, dont la vérification ne sera possible qu’a posteriori.
     
    Vous retrouverez l’intégralité de cette présentation >> ici <<

 

Des tables de discussion pour croiser les regards

 
La matinée s’est poursuivie par des tables de discussion thématiques réunissant les participant·es autour de cinq enjeux :
 

  1. Réinsertion professionnelle
  2. Aide alimentaire
  3. Santé
  4. Cohésion sociale
  5. Logement

 
Ces échanges ont permis de partager les premiers effets observés sur le terrain, d’identifier les défis auxquels font face les acteurs locaux et d’esquisser des pistes d’actions collectives pour y répondre.
 
Retrouvez l’ensemble des synthèses des Ateliers du Changement du Bassin Sud >> ici <<